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Immobilier & BTP

Dératisation locataire ou propriétaire : qui doit payer ?

5 September 2026 8 min de lecture
Dératisation locataire ou propriétaire : qui doit payer ?

Ce que vous devez savoir sur la dératisation locataire ou propriétaire

  • Le propriétaire paie si l’infestation vient d’un défaut du bâti (fissure, canalisation, isolation) ou était présente avant l’entrée dans les lieux
  • Le locataire paie si l’infestation résulte d’un manque d’entretien (nourriture stockée, déchets accumulés)
  • Le décret du 26 août 1987 n’inclut pas la dératisation individuelle dans les charges récupérables, sauf contrat annuel pour les parties communes
  • Un rat peut se glisser dans un espace d’à peine deux centimètres de diamètre
  • En cas de désaccord, la commission départementale de conciliation peut être saisie gratuitement avant le tribunal judiciaire

Un bruit de grattement dans le mur, la nuit, entre deux et trois heures du matin. Puis des crottes noires près de la poubelle, et une odeur âcre dans le placard sous l’évier. C’est souvent comme ça que ça commence, et c’est souvent à ce moment précis que locataire et propriétaire s’envoient des messages pour savoir qui doit s’occuper de la dératisation. La réponse n’est pas aussi simple qu’on le croit : elle dépend de la cause de l’infestation, et c’est justement ce point que tout le monde oublie de vérifier avant de dégainer son téléphone.

En douze ans de diagnostics, j’ai vu des halls d’immeuble entiers envahis à cause d’une benne à ordures mal fermée, et des studios infestés parce que le locataire stockait des cartons pleins de nourriture pendant six mois. Deux situations, deux responsables différents. C’est tout l’enjeu de la question dératisation locataire ou propriétaire : il n’y a pas une réponse unique, il y a une règle et des exceptions.

Dératisation locataire ou propriétaire : la règle de base

Souris grise sur surface béton texturée

Le principe légal est clair, même si personne ne le lit jusqu’au bout. Le propriétaire a une obligation de délivrance : il doit fournir un logement décent, sans nuisibles, et le maintenir en état. Concrètement, si des rats ou des souris sont déjà présents à l’arrivée du locataire, ou si l’infestation vient d’un défaut du bâtiment, la dératisation est à la charge du bailleur.

Un logement infesté de rongeurs n’est pas considéré comme décent au sens de la loi. Le propriétaire ne peut pas s’en laver les mains sous prétexte que le contrat de bail ne mentionne rien à ce sujet.

Mais la loi prévoit aussi l’entretien courant du logement, qui reste à la charge du locataire. Et c’est là que les choses se corsent, parce que l’entretien courant inclut la propreté générale, le rangement, et le fait de ne pas transformer sa cuisine en garde-manger à ciel ouvert.

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Qui doit payer la dératisation selon la cause de l’infestation

Pour trancher qui doit payer les frais de dératisation, il faut remonter à l’origine du problème. Une canalisation fissurée, une façade percée, un vide sanitaire mal isolé : ce sont des défauts structurels, donc c’est le propriétaire qui paie. À l’inverse, des poubelles jamais sorties ou des restes de nourriture qui traînent, c’est une négligence du locataire, et la facture lui revient.

  • Infestation liée à un défaut du bâti (fissure, isolation, canalisation) : charge du propriétaire
  • Infestation liée à un manque d’hygiène du locataire : charge du locataire
  • Infestation dans les parties communes d’une copropriété : charge du syndic, répartie entre copropriétaires
  • Infestation déjà présente à l’entrée dans les lieux : charge du bailleur

Dératisation charges locatives : que dit vraiment le bail ?

Cette question de responsabilité se prolonge dans un point souvent mal compris : celui des charges. Beaucoup de locataires pensent que la dératisation en charges locatives est automatique, comme l’eau ou l’entretien des espaces verts. Ce n’est pas exact.

Le décret du 26 août 1987, qui liste les charges récupérables, ne mentionne pas la dératisation individuelle d’un logement. En revanche, si l’immeuble dispose d’un contrat annuel de dératisation préventive dans les parties communes (cave, local poubelles, hall), ce coût peut être intégré aux charges locatives et donc refacturé au locataire. La nuance est fine, mais elle change tout sur la facture finale.

Situation Qui paie la dératisation
Rongeurs présents dès l’entrée dans le logement Propriétaire
Fissure, trou dans le mur ou canalisation défectueuse Propriétaire
Nourriture stockée, déchets accumulés, absence de ménage Locataire
Contrat annuel de dératisation des parties communes Locataire (via charges locatives)
Infestation en copropriété, origine indéterminée Syndic, réparti entre copropriétaires
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Comment un rat rentre dans un appartement, et pourquoi c’est important pour la responsabilité ?

Cette histoire de cause a un lien direct avec la façon dont le rongeur s’invite chez vous. Un rat peut se faufiler par un trou de la taille d’une pièce de deux euros. Il grimpe le long des canalisations, passe par les gaines techniques, ou entre tout simplement par une porte de garage mal fermée le soir.

Ce qui attire les rats, c’est avant tout la nourriture accessible et la chaleur. Un compost mal fermé, des gamelles d’animaux laissées dehors, une cave qui sert de réserve alimentaire : voilà ce qui attire les rats en priorité, bien avant la saleté générale du quartier. D’où l’intérêt de savoir, une fois de plus, si c’est un défaut du bâtiment ou une habitude du locataire qui a ouvert la porte aux indésirables.

Un rat adulte peut se glisser dans un espace d’à peine deux centimètres de diamètre. Un joint de porte mal entretenu suffit largement à faire le travail.

Qui doit payer la désinsectisation, même logique que pour les rongeurs ?

Le raisonnement qui vaut pour les rats s’applique presque à l’identique aux insectes. Pour les cafards, punaises de lit ou fourmis, on applique le même principe : origine structurelle, c’est le propriétaire ; négligence d’entretien, c’est le locataire.

Les punaises de lit font toutefois exception dans les faits, même si le droit ne les distingue pas clairement. Elles voyagent avec les meubles, les vêtements, les valises, et ne sont pas liées à un défaut du logement. Dans la pratique, la charge de leur traitement revient donc très souvent au locataire, sauf s’il peut prouver qu’elles étaient déjà présentes avant son arrivée. C’est là que l’état des lieux d’entrée devient une pièce précieuse.

Que faire concrètement en cas d’infestation de souris ou de rats ?

Voilà maintenant la marche à suivre, une fois que la question souris locataire ou propriétaire commence à se poser dans votre logement. La rapidité d’action compte autant que la répartition des coûts.

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Les étapes à suivre dans l’ordre

  1. Documentez l’infestation : photos, vidéos, dates d’apparition des indices (crottes, traces de dents, nids)
  2. Envoyez un courrier ou un mail au propriétaire décrivant précisément la situation
  3. Demandez un devis à un dératiseur professionnel avant toute intervention
  4. Conservez toutes les factures et échanges écrits en cas de litige ultérieur
  5. Contactez la mairie ou l’ARS si l’infestation touche tout un immeuble ou un quartier

Attendre que le problème se résolve seul relève de l’illusion pure ! Une paire de rats peut donner naissance à plusieurs dizaines de descendants en quelques mois seulement, selon les données classiques de dératisation professionnelle. Plus vous attendez, plus la facture grimpe, et plus la question du remboursement devient compliquée à trancher.

Rat brun dans végétation naturelle

Que faire en cas de désaccord sur qui paye le dératiseur ?

Reste le cas, fréquent, où propriétaire et locataire campent chacun sur leur position. Si le propriétaire refuse de payer alors que l’origine du problème est clairement structurelle, plusieurs recours existent avant d’aller au tribunal.

La première étape reste toujours la mise en demeure par lettre recommandée. Si rien ne bouge, la commission départementale de conciliation peut être saisie gratuitement. En dernier recours, le tribunal judiciaire tranche, et il s’appuie généralement sur l’état des lieux, les factures d’un dératiseur, et la nature technique du problème pour désigner qui doit vraiment payer.

Retenez l’essentiel : vérifiez toujours l’origine de l’infestation avant de payer quoi que ce soit, gardez chaque preuve écrite et chaque facture, et n’attendez jamais pour agir face à des rongeurs. La question de la dératisation locataire ou propriétaire se résout presque toujours en remontant à la cause, pas en devinant qui a le plus mauvais caractère. Décrochez votre téléphone dès les premiers signes, pas après le premier nid.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qui attire les rats dans un logement ?

Les rats sont principalement attirés par la nourriture accessible et la chaleur. Un compost mal fermé, des gamelles d’animaux laissées dehors ou une cave servant de réserve alimentaire sont des sources d’attraction privilégiées.

Qui paie la dératisation entre le propriétaire et le locataire ?

Le propriétaire paie si l’infestation provient d’un défaut structurel ou était présente avant l’arrivée du locataire. Le locataire paie si elle résulte d’un manque d’entretien ou d’hygiène de sa part.

Comment les rats pénètrent-ils dans un appartement ?

Un rat peut se glisser par un trou de seulement deux centimètres de diamètre. Il grimpe le long des canalisations, passe par les gaines techniques ou entre par des portes mal fermées et des joints défectueux.

Qui doit payer la désinsectisation contre les cafards ou les punaises ?

Le même principe s’applique : le propriétaire paie pour un défaut structurel, le locataire pour un manque d’entretien. Les punaises de lit font exception car elles voyagent avec les meubles, la charge revenant généralement au locataire sauf si présentes avant son arrivée.